La Vendômoise Christiane Granger, femme médecin décédée au Vietnam, aura une rue à son nom prochainement à Vendôme.

La Vendômoise Christiane Granger, femme médecin décédée au Vietnam, aura une rue à son nom prochainement à Vendôme.
© (Photo collection privée)

En prévoyant de nommer deux rues du nom de Vendômoises illustres, la mairie s’attaque à la question de la visibilisation des femmes dans l’espace public.

La municipalité a été sensible à l’appel de l’association Femmes solidaires 41, qui milite pour davantage de visibilisation des femmes dans l’espace public (lire la NR du 24 octobre). « C’est un sujet sur lequel je travaille avec Minthy Mabiala-Boussi, adjointe en charge de l’égalité hommes femmes, explique Benoît Gardrat, premier adjoint en charge de l’urbanisme. Une nouvelle voie va naître à proximité de la future Maison de santé pluridisciplinaire universitaire. Nous avons voulu saisir cette occasion pour la dénommer (1) en l’honneur de la Vendômoise Christiane Granger ». Une femme médecin également mise en valeur dans le bulletin de la Société archéologique du Vendômois en 2019, qui s’est notamment mise au service des autres au Vietnam à la tête d’un petit hôpital de campagne. Elle décédera en 1969 dans l’explosion d’une mine antichar.
D’autres noms de rues féminins devraient suivre. Par exemple, à l’occasion de la naissance future d’une voie dans le lotissement situé rue de la Mariée, au nord-ouest de la ville. « C’est un lotissement privé, mais le promoteur nous a demandé de lui faire des propositions, indique Benoît Gardrat. Nous lui avons donc soumis deux noms de femmes. Comme c’est à lui de décider, nous ne souhaitons pas en dire davantage. »
Voilà des démarches municipales qui vont dans le sens de la volonté de Femmes solidaires 41. « Tant qu’on n’aura pas beaucoup de modèles diversifiés féminins on n’aura pas un changement de représentation de ce qu’est un homme et une femme », rappelle Élise Prellier, présidente de l’association Femmes solidaires 41, qui prépare un répertoire des femmes à rayonnement local, départemental et national.
De nombreuses femmes à mettre en valeur« Le travail débute. Mais je peux déjà citer France Emond, résistante, femme de Jean Emond, qui a été déportée à Ravensbruck et en est revenue [son mari est quant à lui mort à Buchenwald]. Ou encore Madeleine Billard, résistante vendômoise, elle aussi déportée à Ravensbruck après avoir été dénoncée en 1943, et qui en est revenue. » À noter que Femmes solidaires espère justement pouvoir participer prochainement à un voyage mémoire organisé par l’amicale de Ravensbruck, camp de concentration nazi spécialement réservé aux femmes.
(1) Cela sera entériné au cours du conseil municipal du 1er avril.